Il avait des rites de bouche.

Les mandarines de novembre qui luisent dans le sombre des hivers et parfument les mains ;

les galettes de janvier ; le gâteau mollet du dimanche de Pâques ; les pêches duveteuses des étés de Fraïsse ; la glace au caramel avec les premiers thés d’automne. Noël était le temps du chocolat onctueux longuement tourné dans la casserole à fond épais. Renaud disait, c’est le divin nectar le Messie de velours le petit Jésus en culottes d’organdi et chemise de soie. Dans la maison de la porte de Bagnolet, il avait voulu une cheminée. Il aimait les feux bas et têtus. Il pensait qu’un jour il serait vieux, assis immobile dans l’ombre du feu rouge.

– Sur la photo, Marie-Hélène Lafon

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