Dans les villages rebelles

Dans toutes les communautés zapatistes, les enfants grandissent et deviennent adultes au milieu d’une guerre.

Mais, contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’enseignement qu’ils reçoivent n’est pas fait de haine et de vengeance, moins encore de désespoir et de tristesse.

Non, dans les montagnes du Sud-Est mexicain, les enfants grandissent en apprenant que « l’espoir » est un mot qui se prononce de manière collective, et ils apprennent la dignité et le respect envers ceux qui sont différents.

Peut-être qu’une des différences entre ces enfants et ceux d’autres endroits est qu’ils apprennent tout petits à entrevoir le lendemain.

 

Beto demande :

« Combien mesure la mer ? A quoi sert autant d’eau ? De quelle taille est le lance-pierre qui peut tuer un hélicoptère ? Si le soldat a une famille et une maison ailleurs, pourquoi vient-il prendre notre maison et nous poursuivre jusqu’ici ? Si la mer est aussi grande que le ciel, pourquoi on ne la renverse pas pour que les hélicoptères et les avions du gouvernement se noient ?

Et quand j’interroge Olivio, 7 ans, qui se nomme lui-même « sergent Capirucho ».

« Et toi, Sub, qu’est-ce que tu seras ? »

« Moi, je serai un cheval, un enfant cheval, et j’irais jusque là-bas, très loin… »

Et il montre un point indéfini sur l’horizon.

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Extrait du livre « Enfants de tous les temps, de tous les mondes »
Editions Gallimard Jeunesse Giboulées 

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